La téléconsultation transforme notre système de santé en facilitant l’accès aux soins, particulièrement pour les patients isolés ou dans les zones sous-dotées médicalement.

Mais connaissez-vous les différents modèles de téléconsultation déployés en France ? Suite au rapport de la Cour des Comptes publié en avril 2025, cette série de questions-réponses vous permettra de tester vos connaissances et de découvrir leur fonctionnement pratique.

 

1. Combien existe-t-il de modèles de téléconsultation en France ?

Bien que le terme « téléconsultation » soit désormais courant dans le langage médical, il recouvre en réalité quatre modalités distinctes.

1. Modèle de l’exercice libéral avec une solution numérique. Ce modèle permet aux patients d’interagir directement avec leur médecin traitant. Il est souvent utilisé pour le suivi des pathologies chroniques, les consultations pouvant être alternées entre présentiel et distanciel.

2. Modèle de la société de téléconsultation non assistée. Ici, les patients utilisent une plateforme pour être mis en relation avec un médecin qu’ils ne connaissent pas nécessairement. Le médecin est soit salarié de la société de téléconsultation, soit professionnel indépendant utilisant le logiciel via un abonnement. En parallèle, il pratique en présentiel dans d’autres structures (hôpital, remplacement, activité de retraité). Ce type de téléconsultation, dite aussi « d’accès aux soins », est notamment pratiqué par Qare.

3. Modèle de la téléconsultation assistée. Le médecin est assisté par un autre professionnel de santé, tel qu’un pharmacien ou un infirmier, ce qui est souvent le cas lorsque le patient utilise une cabine ou une borne dans un lieu public (pharmacie) ou privé (entreprise).

4. Modèle « à double stratégie ». Les mutuelles et assurances santé permettent à leurs adhérents d’accéder à des téléconsultations via des sociétés partenaires, intégrant ainsi la téléconsultation dans leurs services pour améliorer l’accès aux soins de leurs clients et affiliés.

 

2. Quels sont les modèles de téléconsultation les plus répandus ?

En France, les deux modèles dominants sont l’exercice libéral avec solution numérique (consultation directe avec le médecin traitant) et les sociétés de téléconsultation non assistée (patients mis en relation avec des médecins inconnus pour des soins non programmés).

A noter : seul le modèle des sociétés de téléconsultation progresse. Selon l’Assurance Maladie (juin 2025), les sociétés agréées comme Qare représentent 40% des téléconsultations en 2024, contre 6% en 2021. Cette progression s’accélère encore en 2025 avec 43% des actes au premier trimestre.

 

3. Quels sont les avantages du modèle de société de téléconsultation non assistée ?

Le modèle de société de téléconsultation non assistée offre au médecin une grande flexibilité d’organisation, un allègement des tâches administratives et la possibilité de diversifier sa patientèle sans contrainte d’installation. Il permet également de cumuler plus facilement différentes activités (présentiel, hospitalier, remplacement, etc.), tout en exerçant dans un cadre sécurisé et conforme aux exigences réglementaires.

Pour les patients, ce modèle permet de consulter un médecin à tout moment, par exemple lorsque le médecin traitant n’est pas disponible, ce qui s’avère particulièrement utile pour les soins non programmés ou les situations nécessitant une intervention rapide.

 

4. La limite de 20 % de téléconsultation s’applique-t-elle de la même façon à tous les modèles ?

La règle du plafonnement à 20 % du volume annuel d’activité en téléconsultation (téléconsultations et téléexpertises cumulées) s’applique à tous les médecins, quel que soit leur statut (libéral, salarié, remplaçant, retraité actif), y compris lorsqu’ils exercent en tant que salariés. Il existe cependant une exception : pour les psychiatres, ce plafond a été relevé à 40 % depuis fin 2024. L’objectif est de garantir un équilibre entre soins à distance et en présentiel.

 

5. Quels sont les principaux avantages de la téléconsultation pour les médecins ?

Quel que soit le modèle retenu, la téléconsultation améliore les conditions de travail des médecins en offrant une plus grande flexibilité des horaires et des lieux de travail. Elle permet également de prévenir les ruptures de soins, ce qui contribue à un meilleur suivi et une optimisation des prises en charge, tout en réduisant les inégalités d’accès aux soins chez les patients.

 

Ainsi, la téléconsultation s’affirme aujourd’hui comme un pilier du système de santé, apportant de nombreux bénéfices aux médecins comme aux patients, tout en posant certains défis. Mieux connaître ses différents modèles permet de faire des choix éclairés et de les intégrer efficacement à sa pratique professionnelle.

 

Sources :

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